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L'histoire des bougies Suédoises de Liljeholmens

Depuis que le monde est monde...

Jusque à peu près deux mille ans avant Jésus-Christ, pour s’éclairer les hommes se contentaient de bâtons et de cordages trempés dans de la graisse qu’ils laissaient ensuite durcir...


Les lampes à huile et les mèches sont une invention égyptienne, introduites en Europe par les Grecs et les Romains de l’Antiquité autour de l’an zéro. Ces lampes, ornées de motifs magnifiques, ont été largement utilisées jusqu’au 14ème siècle.

A cette époque sont inventées les chandelles en suif. Elles sont alors considérées comme un luxe incroyable. Il est fait mention pour la première fois de bougies de cire au cours du 15ème siècle. Elles étaient alors si rares et si chères qu’on les trouvait surtout dans les églises, très opulentes à l’époque féodale.

L’apparition et le développement de la bougie en stéarine
Le chimiste français Eugène Chevreul découvre que les graisses telles le suif et l’huile sont composées à la fois de graisse dure (stéarine et margarine) et de graisse liquide (oléine). Au cours des années 1810 et 1820 il expérimente l’extraction des graisses liquides par pression. Il développe sa technique, et réussit à séparer les graisses grâce à un procédé chimique. En 1825 le chimiste français fait breveter sa découverte, et de petites fabriques de bougies en stéarine voient le jour en France. La Suède, en revanche, ne découvrira les bougies en stéarine qu’à la fin des années 1830.

En 1837 Lars Johan Hierta, fondateur du journal Aftonbladet, effectue un voyage à Londres, où il découvre l’existence des bougies en stéarine. Une fois rentré il prend contact avec Johan Michaelson, chimiste dont les recherches portent justement sur les acides gras. Lars Johan Hierta propose de lui fournir le matériel dont il a besoin pour expérimenter la séparation des graisses à plus grande échelle. En 1838 une machine est installée à Liljeholmen à cet effet. L’année suivante la fabrication démarre, et ils commencent à mettre ces bougies en vente dans l’un des bureaux de la rédaction d’Aftonbladet. La plupart des clients sont les propriétaires de petites boutiques mais très vite les acheteurs des maisons de commerce de la ville s’y intéressent. Toutefois l’activité fonctionne à perte pendant plus de trois ans, car les bougies, onéreuses, sont considérées comme un produit de luxe et sont achetées uniquement durant les mois d’hiver.

La main d’œuvre de la manufacture se compose essentiellement de paysannes à la recherche d’un emploi saisonnier pendant les mois d’hiver. Des illustrations de l’époque représentent des fermières de Dalécarlie, au centre de la Suède, portant l’habit traditionnel de la paroisse de Rättvik, au travail dans la fabrique.

Johan Michaelson met au point une méthode permettant d’extraire des graisses davantage de stéarine, ce qui permet de fabriquer un nombre plus important de bougies. Il peut ainsi réduire le prix de revient des bougies, et la demande augmente. Au bout de quelque temps le local est insuffisant, et Lars Johan Hierta achète une propriété au 88 Tjärhovsgatan, sur l’île de Södermalm au centre de Stockholm. Très vite les volumes fabriqués augmentent, et le travail artisanal cède peu à peu la place à une activité industrielle.

Mise en place d’une nouvelle méthode
Au début des années 1840 un anglais met au point une nouvelle méthode de distillation appliquée à fabrication des bougies, et les bougies anglaises importées en Suède sont dorénavant meilleur marché que les bougies de Liljeholmens. Lars Hierta se retrouve en mauvaise posture, et il essaie par tous les moyens de sauver son activité. Un tarif de l’époque montre qu’à cette époque il fabrique et vend encore de l’acide sulfurique, de l’acide nitrique, du savon et du savon noir, et pourtant sa fabrique est menacée de fermeture.

Mais Lars Hierta ne se rend pas. En 1846 il va jusqu’à Berlin rencontrer M. Motard, fabricant de bougies en stéarine qui a introduit la nouvelle méthode de distillation en Allemagne. Hierta achète non seulement les droits qui lui permettent de connaître cette technique, mais aussi plusieurs machines à distiller. Il obtient l’autorisation d’envoyer Johan Michaelson dans l’usine allemande pour comprendre et se former à cette nouvelle technique. Une fois Michaelson bien au fait de la méthode et une fois les machines installées sur l’île de Södermalm, les ventes reprennent.

En 1848 Lars Hierta achète un terrain au célèbre fabricant d’encre Barnängens Tekniska Fabrik, et les deux manufactures se retrouvent côte à côte à Barnängen.
En 1856 Johan Michaelson cesse son activité pour cause de mauvaise santé, et M. Gullberg reprend sa fonction. Deux machines à tremper supplémentaires sont achetées, ce qui permet de mécaniser le montage des mèches. La productivité augmente de façon spectaculaire.

Lars Johan Hierta s’éteint en 1872 à l’âge de 71 ans. Malgré sa disparition, ses différents projets ont continué et continuent à exister.


En 1905 Liljeholmens fabrique et commercialise 4 000 000 paquets de bougies en stéarine, soit 1,685 tonnes. En l’espace de 66 ans la manufacture de Liljeholmens est devenue l’une des plus importantes fabriques de bougies de stéarine au monde.

Des bougies souvent primées
Les bougies Liljeholmens ont été primées à maintes reprises, à la fois en Suède et à l’étranger, pour leur qualité admirable et leur fabrication.

A la grande Exposition de l’industrie et des arts de Stockholm, en 1897, l’entreprise Liljeholmens participe sous la forme d’une immense bougie droite fabriquée en briques, destinée à illustrer la fabrication. Le bougeoir est un carré de 11m de périmètre, 14 m de haut, quant à la bougie elle s’élève à 23m de hauteur, avec un diamètre de 2,5 m.

Chute puis remontée du marché des bougies en stéarine
Au début du 20ème siècle le gaz et l’électricité se développent. Même les lampes à pétrole sont plus performantes. Les bougies sont de moins en moins utilisées comme source d’éclairage, mais elles gardent toujours leur place au moment des fêtes.

Il faut trouver des solutions d’urgence pour faire face à cette crise incontournable et nécessairement durable. L’usine de Liljeholmens située sur la rue Tjärhovsgatan commence à fabriquer de l’huile de graissage pendant la première guerre mondiale. Elle vend ce lubrifiant à la société des chemins de fer suédois, qui a besoin de carburant. Pendant la deuxième guerre mondiale Liljeholmens développe sa branche recherche et technique. L’entreprise est alors davantage connue comme fabricant de produits chimiques que comme manufacture de bougies. En 1958 l’entreprise Liljeholmens est rachetée par Stockholms Superfosfat Fabriks AB, plus connue sous le nom de Kema Nord.

Au cours des années 1960 l’intérêt renaît pour les bougies, les ventes reprennent et donc la production également. Les locaux de Tjärhovsgatan s’avérant insuffisants, la société achète un terrain à Oskarshamn et y fait construire une usine sur mesure, qui est inaugurée en 1970.

Liljeholmens de 1978 à nos jours
En 1978 Liljeholmens fusionne avec Barnängen. En janvier 1992 l’Allemand Henkel acquiert la division consommables de Nobel, à la suite de quoi le nom de Barnängen est changé en Henkel Barnängen AB. La division fabrication de bougies fait dorénavant partie de la société de consommables et produits technico-chimiques Henkel Barnängen AB.

A l’heure actuelle l’usine d’Oskarshamn fabrique annuellement 6.000 tonnes de bougies en stéarine et en paraffine. Les méthodes de fabrication n’ont guère changé, même si l’entreprise a progressivement acheté des machines modernes plus efficaces et des machines d’emballage, et même si les processus d’extraction se sont sensiblement améliorés. Aujourd’hui nous achetons la stéarine, livrée sous forme liquide en camion citerne puis stockée dans d’immenses cuves.

Aujourd'hui Liljeholmens est basée à Oskarshamn sur la côte Sud-Est de la Suède. L'entreprise fait partie du groupe Suédois ALG Holding. Liljeholmens est une entreprise qui a un véritable héritage historique. D’ailleurs la tradition veut qu’au grand marché de Noël de Skansen, à Stockholm, les bougies Liljeholmens soient vendues dans leur emballage d’origine par des personnes portant le vêtement traditionnel de Rättvik en Dalécarlie. Un produit de Liljeholmens qui a toujours été populaire : les bougies Kanalljus, conçues pour ne pas couler sur les tables et sur les nappes.

Liljeholmens est également à l'origine des bougies extérieur Marschaller ( bougies tempête ), ces bougies typiquement Suédoises et conçues pour une utilisation en extérieur : fêtes, défilés, évènements sportifs ou culturels, commémorations... Ainsi dans une ville du centre de la Suède quelques habitants ont récemment allumé des Marschaller en hommage au Président Nord-Américain tout récemment élu. Un évènement en soutien du Fond Pour la Lutte contre le Cancer en Suède a vu une place de Malmö illuminée de 6.000 bougies Marschaller !


 Sur ce dîplome obtenu par la marque Liljeholmens en 1900 on peut distinguer que déjà à l'époque Liljeholmens était Fournisseur de la Cour Royale de Suède ; également à l'époque chacune de ces bougies en stéarine était marquée du logo Liljeholmens sur le côté de la bougie.

 

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